La numérotation grecque sur les monnaies romaines
Pour diverses raisons, les monnaies grecques présentent souvent une
lettre grecque pour désigner une année de frappe, le nom du
prince ou un atelier.
Sur les monnaies romaines, les lettres d'officines grecques apparaissent
sur le monnayage romain dès le règne de Philippe
Ier l'Arabe et sont particulièrement abondantes dès Gallien
et durant tout le Bas-Empire.
Pour la numérotation, les Grecs utilisaient leur alphabet, hérité
de l'alphabet phénicien. Mais le système de numérotation
diffère légèrement de celui-ci par quelques ajouts.
Les dix premières lettres de l'alphabet grec s'énnumèrent
ainsi :
Sur les monnaies, qui suivent non pas l'alphabet mais le système de
numérotation, on observe qu'une lettre s'intercale entre le epsilon
(e) et le dzêta (z).
Cette lettre (V) est souvent confondue par les
numismates avec un S latin ou un sigma grec (18ème lettre de l'alphabet),
voire un dzêta majuscule (Z) (cf. RIC.IV-ii,
p.69, n°8).
Voici quelques exemples où la lettre grecque V désigne la sixième officine:
Nous obtenons donc le tableau suivant:
En fait, le V n'est pas un sigma ! Il s'agit d'un
epishmon Fau (V)
(parfois appellé digamma ou stigma) hérité
du vau chez les Phéniciens et les Hébreux, qui a donné
aussi le digamma (F) chez les Éoliens et le F chez les Latins.
Cette lettre "primitive" a été rajoutée (ainsi
que deux autres) pour la numérotation en grec car 999 n'est pas divisible
par 24 (nombre de lettres dans l'alphabet classique) pour pouvoir écrire
tous les nombres jusque 999.
Jérôme
Mairat
Sources :
Bailly, Dictionnaire Grec-Français, page 2195, tableau
1
Babelon, Traité des monnaies grecques et romaines, Théorie
et Doctrine, Volume I, Paris, 1901, p. 721-742
sur internet à l'adresse suivante: http://francoib.chez.tiscali.fr/chiffres/
Les images de cette page proviennent des catalogues Rome de CGB.