Entre 193 et 235, les destinées de l'Empire Romain sont restées
entre les mains d'une seule et même famille : les Sévères.
Pourtant, entre le 11 avril 217 et le 8 juin 218, un empereur, Macrin et un
César, son fils Diaduménien, tout en se référant
à la prestigieuse dynastie, ont essayé de substituer aux "Impératrices
Syriennes", une nouvelle forme de gouvernement. Cette révolution
romaine échouera, ses instigateurs seront assassinés. L'empire
restera pour quatre ans entre les mains d'un enfant et demi-dieu à
moitié fou, Elagabal (218-222). Cette période de 14 mois est
à la fois une rupture et une continuité de la période
sévérienne.
Suivant les travaux de Clay (Curtis L. Clay, The Roman Coinage of Macrinus
and Diadumenian, NZ.93, Vienne, 1979, p.21-40, pl.4-5), nous avons classé
le monnayage en quatre émissions. Dans notre ensemble, seule la dernière
émission, très courte, n'est pas représentée (05-06/218).
Le monnayage de Macrin a dû commencer à Rome dès que la
nouvelle de la mort de Caracalla a été connue (mai 217). La
première émission est divisée en deux phases bien distinctes
: la première très courte, mai/juin 217 comportant toujours
l'indication de la puissance tribunitienne. Les portraits de cette émission
sont toujours stylisés et peu ressemblants (B ou B*). La légende
de droit est invariable, seul le praenomen CAES est développé
sur les bronzes. L'atelier de Rome est organisé autour de six officines,
5 pour Macrin, 1 pour Diaduménien. Le monnayage du César ne
commence pas avant la deuxième phase de la première émission
en juin/juillet 217.
La seconde émission, la plus longue, en durée s'étend
entre les mois de juillet 217 et mars 218. Cette émission comporte
cinq phases chronologiques qui recoupent les évènements. Lors
de la première phase, Macrin reçoit le titre de "Pater
Patriae" (juillet/septembre 217). La seconde phase, très courte
(septembre/ocotbre) vise à commémorer la victoire parthique
de l'empereur qui dissimule en fait, une paix honteuse qui devra être
achetée après la défaite de Nisibe à l'Automne
pour 50 millions de deniers. La troisième phase (octobre/décembre
217) voit l'adjonction du consulat suffect de Macrin ainsi que le recours
aux revers traditionnels. Certaines de ces pièces en l'absence de critères
de datation ont pu être mises en circulation jusqu'en mars 218. La quatrième
phase est très courte (10-31/12/217) est marquée par la prise
de la seconde puissance tribunitienne. Le portrait a tendance à se
modifier et à être conforme à la réalité.
La cinquième phase débute le 1 janvier 218 avec le second consulat.
Avec la troisième émission (mars/mai 218), la marque du second
consulat disparaît et les traits de l'empereur se modifient. Ils ressemblent
de plus en plus à ceux de Marc-Aurèle, le modèle de Macrin.
Une évolution parallèle est sensible pour Diaduménien
entre la deuxième et la troisième émission, bien que
les différentes phases ne soient pas aussi marquées. La quatrième
émission voit l'élévation du César à l'Augustat
et doit être postérieure au 16 mai 218, date de la proclamation
d'Elagabal.
M1: IMP C M OPEL SEV MACRINVS AVG
M2: IMP CAES M OPEL SEV MACRINVS AVG = Imperator Caesar Marcus Opellius
Severus Macrinus Augustus.
Si les bustes de l'atelier de Rome sont relativement stéréotypés,
ceux des ateliers d'Orient sont souvent diversifiés et parfois même
stylisés.
A° : Buste nu à dr. avec cuirasse et paludamentum vu de
trois quarts en avant
A°2 : Buste nu à dr. avec cuirasse et paludamentum vu de
trois quarts en avant
O* : Tête laurée à dr.
A* : Buste lauré à dr. avec cuirasse et paludamentum
vu de trois quarts en avant
A*01: Buste lauré à dr. avec paludamentum vu de trois
quarts en avant
A*2 : Buste lauré à dr. avec cuirasse et paludamentum
vu de trois quarts en avant
B* : Buste lauré à dr. avec cuirasse vu de trois quart en avant
A : Buste radié à dr. avec cuirasse et paludamentum vu
de trois quarts en avant
A01 : Buste radié à dr. avec paludamentum vu de trois
quarts en avant
A2 : Buste radié à dr. avec cuirasse et paludamentum
vu de trois quarts en avant
B : Buste radié à dr. avec cuirasse vu de trois quart en avant
Laurent SCHMITT