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L'ATELIER MONÉTAIRE D'ÉMÈSE.

Une série de deniers, avec une épigraphie et un style très particulier, a été attribuée à Émèse. Le choix de cet atelier fut probablement déterminé par Julia Domna, née à Émèse et fille du grand prêtre Baal de la ville.

La création de ces deux ateliers monétaires en Orient servait probablement la propagande de Sévère : diffuser des monnaies à son nom en Orient était comme une riposte aux frappes monétaires de Niger à Antioche.

L'atelier d'Émèse ouvrit ses portes vers la fin de l'année 193 comme en témoignent les monnaies de Septime Sévère avec la titulature IMP CAE L SPET SEV PERT AVG COS I. Une abondante production monétaire eut lieu en 194 reprenant les types de revers utilisés sur le monnayage de Septime Sévère à Rome, ou utilisant des types de revers typiquement orientaux comme un épi entre deux cornes d'abondance remplies de fruits. Beaucoup de ces types existent aussi sur le monnayage d'Antioche, qui bat monnaie pour Pescennius Niger. H. B. Mattingly (BMC volume V p. cxix) considère cette similarité de type comme l'expression d'un `langage monétaire' typiquement oriental, et rejette la thèse d'une propagande monétaire qui utiliserait volontairement les types de revers employés par le rival de Sévère.

L'épigraphie monétaire est différente de celle employée à Rome : les lettres latines rappellent certaines lettres grecques, comme le E généralement gravé comme un epsilon grec (e). Les légendes de revers présentent souvent une légende fautive. Pour un même type, il existe souvent une multitude de variante de légende. Il semblerait, en effet, que les graveurs utilisaient une légende plus ou moins longue en fonction de la place disponible et de l'agencement de la composition.

Les monnaies au nom de Julia Domna frappées à Émèse et à Laodicée utilisent les mêmes types de revers. La distinction ne peut se faire que par le style, plus fin sur les monnaies d'Émèse.

Le monnayage des années 195-197 fut quantitativement très faible et marque la fin du rôle stratégique de l'atelier, suite à la défaite de Pescennius Niger. L'atelier ferma ses portes probablement en 198, à la fin de la campagne parthique.


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