L'histoire de ces sombres années est bien connue : Julia Maesa, sur
de Julia Domna, laquelle était femme de Septime Sévère,
leva les légions contre l'empereur Macrin, et plaça son petit-fils
Elagabal au pouvoir. Le comportement du jeune prince frôlait la folie,
ce qui choqua la Rome traditionnelle. Elagabal fut assassiné en 222.
Selon Hérodien, Julia Maesa, craignant de voir le pouvoir lui échapper
des mains, ne s'opposa pas à l'assassinat de sa propre fille Julia
Soemias, et de son petit-fils Elagabal. Elle porta alors sur le trône
son autre petit-fils, Alexandre Sévère.
Les évènements historiques montrent, de manière indiscutable,
que c'est Julia Maesa qui a véritablement le pouvoir à Rome
durant tout le règne d'Elagabal et durant le règne d'Alexandre
Sévère. Pourtant, toutes les monnaies au nom de Julia Maesa
ont été attribuées au règne d'Elagabal mais aucune
monnaie n'a été assignée au règne de son autre
petits-fils, Alexandre Sévère.
Parmi les différentes monnaies au nom de Maesa, un type se détache
particulièrement : le type Pudicitia, représentant
la Pudeur assise. Ces monnaies exposent clairement un portrait très
vieilli de la grand-mère de l'empereur et le revers ne présente
jamais l'étoile, élément caractéristique du monnayage
d'Elagabal.
Les monnaies de Maesa au type Felicitas offrent aussi un visage âgé
de l'Augusta mais une étoile dans le champ au revers permet
d'attribuer ce type au règne d'Elagabal. Le portrait vieilli justifie
cependant une attribution tardive (221-222). Les autres monnaies de Maesa,
frappées sous Elagabal, montrent généralement un portrait
plus jeune.
Une attribution du type Pudicitia au règne d'Alexandre Sévère
s'avère nécessaire. Il nous semble, en effet, inconcevable qu'aucune
monnaie au nom de Maesa n'ait été frappée sous le règne
d'Alexandre Sévère, alors que c'est bien Maesa qui détenait
le pouvoir à Rome pendant les premières années du règne
d'Alexandre.
Cette attribution n'est en fait pas très récente. R. A. G.
Carson attribue lui aussi ce type monétaire au monnayage d'Alexandre
Sévère dans le sixième volume des Coins of the Roman
Empire in the British Museum (p. 51) mais ne répertorie pas ces
monnaies au sein de son inventaire, car H. Mattingly les avait déjà
cataloguées dans le volume précédent. Seule la datation
était changée.